Gironde – Château Smith Haut-Lafitte

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Le château Smith Haut Lafitte, est un domaine viticole de 67 ha, situé à Martillac en Gironde. Situé en AOC pessac-léognan, il est classé grand cru dans le classement des vins de Graves, depuis 1959.

Emblème du château Smith Haut Lafitte, le « lièvre » de Barry Flanagan, célèbre pour ses sculptures en bronze de cet animal souvent associé à Bacchus, trône au milieu des vignes

Le domaine est fondé en 1365 par la maison du Bosq qui nomme le vignoble Haut Lafitte. Au XVIIe siècle, l’Écossais George Smith rachète le domaine, qu’il renomme Smith Haut Lafitte, pour exporter vers l’Angleterre le vin en barriques. En 1842, le maire de Bordeaux, Duffour-Dubergier, hérite du château. En 1957, la maison Louis Eschenauer acquiert la propriété qui sera classée officiellement grand cru de Graves en 1953. De nombreux investissements sont alors fait dans l’exploitation (notamment la construction d’un chai souterrain) afin d’augmenter la production du domaine. Le domaine de 130 hectares, dont 67 sont plantés de vignes, est racheté en 1991 pour 250 millions de francs par Daniel Cathiard, ancien PDG de Genty-Cathiard1.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_Smith_Haut_Lafitte

Art et Vin – Verre et rouge

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Fête du vin à Bordeaux. A cette occasion, je vous propose de visiter un extrait de  mon travail photographique. Soizic Pineau2007-03

Art et Vin

Le vin n’est pas un produit comme un autre. Il porte une tradition millénaire, une culture et un art de vivre, particulièrement à Bordeaux, capitale d’une région d’Aquitaine qui allie la sagesse de la Guyenne à l’exubérance de la Gascogne.
La réalité essentielle du vin ne se laisse pas photographier, faites d’arômes et de douceur glycérine, soutenue par un alcool sage et discret, chargé des subtiles minéralisations de terroirs aux singularités d’empreintes digitales…

Mais pour relever le défi de la pertinence, Soizic PINEAU s’est emparée des règles émergentes d’un art contemporain conceptuel, technologique et sans complexe. Comme en poésie et en littérature, la recherche de la vérité passe par un éloignement du réel immédiat. Soizic PINEAU travaille l’acte photographique pour permettre la production d’une épreuve finale incernable, impossible à appréhender dans les termes habituels du décodage visuel. Son parti pris ambitieux est une boussole qui indique le sud en tournant résolument le dos à la servilité photocopieuse.

Le mot est lâché, Soizic PINEAU pratique la mise en scène.

Son travail passe par la composition du sujet, arbitraire productif, sanctionné par une exploitation systématique, cherchant les variations et les décalages jusqu’à l’épuisement total des perspectives et des contrechamps.

A l’heure où les images déferles dans nos vies à un rythme effréné, la photographie qui revendique l’ambition artistique ne peut donner à voir que des visions résistantes au décodage usuel. Pour y parvenir Soizic PINEAU s’est donné une règle simple, claires et fortes, néanmoins fécondes. Aucune œuvre finale unique, au fond simple papier coloré, ne permet de repérer le jeu sous-jacent des combinaisons réglées. Le travail de Soizic PINEAU doit être regardé en blocs, en boisseaux cohérents, constituant une forme de « happening exposition ». Alors la circulation d’un regard exercé, scrutatif et patient, le spectateur-acteur peut procéder à une mise au jour de « règles-hypothèses » produits hybrides de son imagination et de celle de l’artiste.

A ce stade de dévoilement et « d’insight «  sur le travail de Soizic PINEAU, une question se pose. Faut-il expliciter les règles de création ou au contraire faut-il en garder le mystère ?

L’artiste tranche nettement. Car Soizic PINEAU est volubile et à l’image du vin valorise le partage, la chaleur humaine et l’empathie. Ainsi donc, dévoilons !

Les photographies de Soizic PINEAU ne montrent directement que trois composantes : bouteille (une ou plusieurs), verre à pied transparent au galbe légèrement refermé (un ou plusieurs, vide ou rempli), et bien sûr du vin. Le « reste du monde «  est présent indirectement par des reflets, des couleurs ambiantes et des ombres, choisies soigneusement, chauds ou froids, naturels ou artificiels. Ce « reste du monde «   n’est pas identifiable et sa seule façon d’exister dans la photographie est de perdre toute forme. Nous n’en saurons jamais tout, il faut l’accepter.

Finalement, l’œuvre dépasse son créateur et reprend le pouvoir par le mystère du silence et de sa constance.

Janvier 2013

Jean-Pierre DUFOUR